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La cartographie comme bien commun
2010-09-23 14:17:41 - by Nicolas Malevé , Rafaella Houlstan-Hasaerts

Mapping in urban design
Part 3/Paper 2

Publié dans :
Barbara Golicnik Marusic, et al. (edited by), *Human Cities, Celebrating
Public Space*, Brussels : Stichting Kunstboek, Urban Planning Institute of
the Republic of Slovenia and Promateria, 2010 (p. 47-51).
écrit par Rafaella Houlstan-Hasaerts (La Cambre), Nicolas Malevé (Constant vzw).

WHY ?

Cartographie et pouvoir sont intimement liés. C’est une évidence : celui qui contrôle la carte contrôle le territoire, et ce à plusieurs niveaux. Celui qui la consulte, pour autant qu’il sache la décoder, devient à même de s’orienter dans l’espace. Celui qui la crée, situé un cran au-dessus, propose (ou impose) sa vision du territoire, tel qu’il le perçoit ou tel qu’il le projette. Celui qui la possède, enfin, décide de sa diffusion et donc du pouvoir qu’il accorde ou dénie aux autres concernant le territoire. En effet, la carte est loin d’être un outil anodin : figurative autant que projective, simulation de l’espace autant qu’espace de simulation, elle se situe aux sources mêmes des stratégies militaires, du capitalisme marchand, des découpages territoriaux et, dans le cas particulier des villes, elle a la plupart du temps déterminé ce qui allait être dessiné, mesuré et donc en fin de compte bâti ou du moins planifié. Jadis strictement réservée à une minorité, la cartographie s’ouvre aujourd’hui à une plus vaste gamme d’utilisateurs. Personnes à mobilité accrue, néo-nomades dans un monde globalisé, nous les utilisons et les trouvons partout : dans les transports en commun, les guides touristiques, les rues, les centres commerciaux et, plus particulièrement encore, sur les écrans de nos ordinateurs ou de nos GPS. Avec Google Earth, Google Maps, Mappy et autres géoportails, c’est la terre entière qui s’offre à nous en quelques clics, affranchie des contraintes de l’échelle et de la feuille de papier.

Mais si l’on peut se réjouir de cette « démocratisation » de l’accès à la cartographie, des bémols subsistent. Le premier concerne les codes qui se sont imposés à travers les siècles dans l’élaboration des cartes, qui offrent une vision unilatérale de ce qu’est l’espace. En effet, les territoires actuels, complexes et mouvants, semblent demander des représentations qui dépassent largement leur simple perception zénithale ainsi que les conventions qui tendent à figurer l’espace uniquement selon ses unités de surface. Un exemple : de nos jours, plus de la moitié de la population mondiale vit en ville et de nombreuses études prédisent une accentuation de cet état de fait au cours des prochaines décennies. Il existe donc de sérieuses raisons de penser que le XXIème siècle sera, plus que tout autre, placé sous le signe de l’urbain. Or, la carte « classique », qui valorise essentiellement les mètres carrés, montre au niveau mondial une majorité d’espaces étendus mais peu peuplés (océans, campagnes), et passe de ce fait totalement à côté du fait urbain, dont l’importance n’est pas directement proportionnelle à son étendue. La cartographie « classique » peut d’ailleurs également être remise en cause lorsqu’il s’agit de représenter l’urbanité contemporaine : la ville est devenue diffuse, elle ne possède plus de contours définis et ne s’appréhende plus dans son opposition avec la nature. Elle n’apparaît plus comme un organisme cerné et limité, elle bouge, grandit, mute au jour le jour, snobant la fixité de la carte. De plus, la prééminence du visuel et de la bidimensionnalité dans les représentations de la ville tend à nous faire oublier que celle-ci est avant tout un espace vécu, c’est-à-dire qu’au delà du visible, elle est également parcourue, entendue, ressentie, imaginée. Malgré son formidable pouvoir d’abstraction, la limite de la carte telle que nous la connaissons se situe dans le fait qu’elle ne rend compte bien souvent que de visions géométriques, matérielles, agrégées, objectivées, ou abstraites de la ville, niant ses dimensions culturelles, sensibles, imaginaires, occultant les échelles des espaces vécus, leur imbrication, leur superposition, démentant toute réalité sociale ou la restituant de manière normative . Or, au-delà de sa contestable hégémonie, cette caractéristique des représentations cartographiques devient encore plus problématique lorsque « ceux qui s’en servent les pensent vraies, bien que ou parce que géométriques » . En effet, la conception de l’urbanité en général et de l’espace public en particulier a été (et reste) majoritairement déterminée par les cartes officielles, les statistiques et les limites administratives, sans que soient prises en compte d’autres visions de la ville, notamment celles de tous ceux qui la vivent au quotidien.

Pour pallier à cet état de fait, l’élaboration et la diffusion de cartes ne devrait pas être le privilège de certains mais le droit de tous. Cependant, les outils qui permettraient à la collectivité de créer et de diffuser leurs propres cartes restent marginaux. Bien sur, de nombreux services cartographiques présents sur le Net vont au-delà de la simple consultation et permettent aux utilisateurs d’alimenter le contenu des cartes et de les partager avec d’autres utilisateurs. Mais cette ouverture demeure partielle : la plupart des logiciels cartographiques sont propriétaires, leurs données géospatiales sont protégées et la majorité des cartes qui en résultent sont soumises à des conditions très strictes d’utilisation et de diffusion.

WHO AND WHAT FOR ?

Depuis plus de trois ans, un groupe de bruxellois porte le projet Towards a subjective collective cartography et tente de penser la cartographie - les cartes mais aussi leur processus de conception et les données qui y sont associées - comme relevant du « bien commun », tant dans ses dimensions d’accès (universel, plutôt que restreint), de régulation (permissive, plutôt que contraignante), que de propriété (publique plutôt que privée). Cette volonté de défendre le droit de la collectivité de consulter, créer, éditer et échanger des cartes mais aussi d’accéder aux données cartographiques est poétique autant que politique. Poétique parce qu’elle assume l’inévitable part de subjectivité dans l’approche du territoire et considère la pluralité des visions cartographiques comme autant de métaphores possibles du monde dans lequel nous vivons. Politique parce qu’elle entend donner le pouvoir aux utilisateurs de penser individuellement ou collectivement le territoire, et, peut-être, d’influencer son devenir. Si hier l’action urbaine pouvait se faire sans ou même contre ces nombreux utilisateurs, ou à la rigueur avec eux, dans une sorte de concession arrachée au pouvoir ou généreusement consentie par celui-ci, il devrait en aller tout autrement aujourd’hui. En effet, la manière dont les gens ressentent et perçoivent la ville, et dont la carte peut constituer une médiation, devrait être la pierre d’achoppement dans toute prise de décision démocratique concernant le territoire en général et l’espace public en particulier.

Tenant compte de ces constats et de ces volontés, le projet Towards s’est focalisé sur la création de deux outils différents mais néanmoins complémentaires : d’une part un Atlas de Bruxelles qui reprend diverses cartes de la ville (imaginaires, anecdotiques, émotionnelles, etc) et, d’autre part, un projet informatique de cartographie – Tresor -, permettant de créer des cartes, de les consulter, de les mettre en parallèle, de jouer avec les paramètres qui les définissent, de les compléter, de les éditer, ou de les utiliser dans le cadre de projets personnels ou collectifs. Durant ces trois dernières années, différentes sessions de travail ont donc été organisées en collaboration avec des artistes, activistes, urbanistes, architectes, graphistes, programmateurs, etc pour mettre en place ces outils.

HOW DOES IT WORK ?

A ce jour, l’Atlas de Bruxelles comprend une cinquantaine de cartes réalisées par des artistes, des activistes, des personnes issues de milieux associatifs ou académiques, des citoyens, etc. Ces cartes sont consultables en ligne sur le site du projet. A terme, l’idée serait d’arriver, via le projet informatique de cartographie Tresor, à faire passer l’utilisateur non pas d’une image à une autre, mais d’une vision dynamique à une autre en faisant circuler les métadonnées (descriptions, commentaires, noms) entre les différentes cartes. En résulterait un atlas de la ville de Bruxelles qui serait un labyrinthe plein de passages secrets, un ensemble de cartes articulées sur des principes tant géométriques qu’imaginaires.

Et justement, comment fonctionne Tresor ? Tresor doesn’t work, it puts to work. Lors des sessions de travail, les participants se sont tout d’abord interrogés sur ce que pouvait être un logiciel de cartographie. Est-ce une interface avec des boutons, qui produit des manipulations de symboles ? Ou bien est-ce quelque chose de plus large, comme ré-imaginer une pratique, la négocier avec d’autres, mais aussi ré-envisager ce que peut être la pratique de l’informatique. Ainsi quand un groupe de personnes se met à réfléchir, écrire et parler sur ce que serait ce logiciel, le logiciel fonctionne déjà, le logiciel met déjà le groupe au travail. Bien entendu, le chemin est long pour aboutir à quelque chose qui fonctionne comme un outil, mais qu’y a t’il à gagner en utilisant un outil tout fait ? User-friendly is user-deadly. Les logiciels préfabriqués reproduisent dans leurs options des séparations qui n’ont pas de sens pour les utilisateurs, notamment pour ceux qui ont participé aux sessions de travail cartographique. Ces outils divisent par exemple les usages artistiques et techniques, la « vraie » géographie et le dessin. Certes, dans un logiciel de cartographie, on peut changer ci et là des couleurs et des icones, mais le principe graphique organisationnel est toujours le même. Ce qui a par exemple peu d’intérêt pour des personnes voulant représenter leurs quartiers sous la forme d’une galaxie, de planètes et leurs relations sous forme de sillons dans la voie lactée. Si ils veulent représenter cette carte sous une forme imaginaire, ils doivent utiliser un logiciel de dessin et perdre toute connexion à la géographie. Si au contraire, ils utilisent un GIS, ils sont sommés d’abandonner l’imaginaire. Tresor, c’est l’outil qui refuse cette ségrégation. Il n’y a aucune raison acceptable pour cette division. Elle vient de la segmentation du marché, de la division des tâches dans l’économie, mais rien n’empêche d’imaginer un tel outil. Rien ? Si bien sûr. Le fait que les acteurs eux-mêmes ont intériorisé cette division. Je suis artiste et je dessine. Je suis cartographe et je mesure. Le premier effet de Tresor, avant la première ligne de code, a été de faire sauter les barrières mentales qui étaient internalisées par les participants.

Dans un deuxième temps, les participants se sont interrogés sur les possibilités d’élaborer un outil qui soit en accord avec la notion de « bien commun », en termes d’accessibilité, de régulation et de propriété. Ces questions les ont naturellement menés à la conclusion que les composantes de Tresor devaient être distribuées selon les principes qui régissent les licences libres. En effet, dans le cas d’une licence libre, les auteurs d’une œuvre logicielle, visuelle ou littéraire autorisent toute personne à s’approprier leurs créations, à les modifier et les distribuer, mais avec la contrainte de toujours citer ses sources ainsi que les auteurs précédents et de redistribuer ses propres œuvres dérivées sous la même licence, aux mêmes conditions. Ces licences libres sont ainsi plus qu’une simple solution pragmatique utilisée ça et là, elles sont aussi une sorte de constitution interne de projets collaboratifs qui visent à faire en sorte que ce qui est commun le reste. L’utilisation de ce type de licences est importante à deux niveaux pour Tresor. D’une part, elle simplifie les échanges des différents utilisateurs dans la production des cartes : tout le monde a le droit de réutiliser, modifier commenter les créations de chacun/e et de produire d’autres versions de ces cartes. D’autre part, toutes les personnes qui se sentent une affinité avec l’outil peuvent le corriger, l’améliorer, le tester, le documenter, le traduire, etc.

Dans un troisième temps, les participants se sont rendus compte qu’il existait déjà toute une série de logiciels libres isolés (par exemple des logiciels capables de se connecter à des bases de données GIS, des logiciels de dessin vectoriel, etc) qui, mis en réseau, pourraient offrir de multiples possibilités en matière de cartographie. Il en résulte donc que Tresor n’est pas un logiciel à proprement parler mais un ensemble de routes entre des logiciels libres existants, c’est une brèche dans des logiciels qui ne communiquent pas entre eux. Via une série de scripts, de stratégies d’utilisateurs, de plugins, d’add-ons, ces logiciels existants sont « trésorisés » selon les nécessités. A chaque projet de carte réalisé correspond une expérience documentée et du code publié, des outils testés qui petit à petit remplissent la boite à outils. Les premières lignes de code du projet ont eu pour objet de créer une connexion entre le logiciel libre de dessin vectoriel Inkscape et Mapserver, un serveur de cartes via le web, ou avec Spip un logiciel de publication d’articles sur le Web pour réaliser une ligne du temps. Ont suivi des projets de plus grande ambition comme genderartnet, une carte des artistes féministes qui travaillent en, ou à propos de l’’Europe et Busboitescartesmap (BBCM), une carte sonore d’explorations de la ville de Bruxelles. Ce dernier projet peut donner une idée de la manière dont un outil et des pratiques peuvent se conjuguer pour explorer et représenter différemment le territoire.

Ce projet procède par sessions. Pour chacune, une série de lieux sont choisis. Ces lieux correspondent aux boîtes postales du centre ville. Elles offrent une grande diversité d’environnements : on en trouve près d’écoles, dans des artères principales, dans des impasses, des parcs, etc. Un groupe de participants se rendent en ville avec un enregistreur audio et un GPS allumé et visitent les lieux sélectionnés. Les horloges du GPS et de l’enregistreur sont synchronisés. Au retour des participants, un logiciel de la boîte à outils Tresor extrait les segments audio qui correspondent aux emplacements des boîtes aux lettres en comparant les time code des deux appareils. Ces pistes audio sont alors placées sur une carte interactive grâce à laquelle on peut écouter le brouhaha de tous les sons enregistrés ou sélectionner seulement les sons enregistrés en un lieu précis, écouter échantillon par échantillon ou l’atmosphère globale d’un emplacement à divers moments de la journée. Comme les participants sont invités à jouer avec le contexte dans lequel ils sont placés (utiliser la boîte postale comme une sorte de tam-tam, ou jouer avec sa chambre d’écho, ou les bruits environnants, ou eux-mêmes décrire les alentours ou parler), les sons produits permettent de découvrir de nouvelles qualités de l’espace urbain et invitent chacun et chacune à poursuivre sa propre découverte de la ville.

AND TOMORROW ?

Ces premières expériences réalisées au sein de Towards ou ailleurs grâce à Tresor montrent que ce type d’outils qui s’adapte aux besoins des utilisateurs plutôt que des les formater peut être d’une réelle utilité dans la production de représentations inédites et plurielles du territoire. Une prochaine étape serait donc d’arriver à le diffuser auprès d’un plus large public, pour que, dans la mesure des possibilités et des nécessités, il contribue à générer de véritables transformations... Mais ce processus sera sûrement complexe car chaque avancée apporte son nouveau lot d’entraves et de questionnements. Une des contraintes qui continue à alourdir le développement de Tresor est bien sur d’ordre économique. Du fait de sa nature hybride, c’est un OVNI pour de nombreuses sources de financement. De plus, la méthodologie de l’élaboration de ses spécifications ne rencontre pas les procédures habituelles en matière de développement de logiciels. En général, un certain nombre de personnes définissent ces spécifications qui sont ensuite gelées et puis implémentées par des experts. Dans le cas d’un projet comme Tresor on imagine mal comment geler des spécifications qui auraient pour but de définir l’approche subjective de la cartographie. D’où un développement organique, décentralisé et lent. Une autre difficulté est d’ordre juridique et vient du fait que les données qui composent les cartes géographiques (coordonnées geolocatives, points et formes, etc) ne tombent pas dans le champ d’application des licences libres, qui protègent les créations « originales » comme des œuvres littéraires mais pas la collecte d’informations « objectives » comme des coordonnées. Cette difficulté a été soulevée notamment par OpenStreetMap, dont Tresor utilise les sources de données régulièrement et auquel il contribue aussi. Après quelques années d’existence, les participants d’OSM se sont rendus compte que la licence avec laquelle ils distribuaient les données qui composent leurs cartes n’était pas valide devant un tribunal. Pendant un processus de plusieurs mois, la fondation OSM qui facilite les opérations du projet a organisé une consultation avec les participants et des juristes bénévoles liés à sa cause. L’objectif était de redéfinir une logique contractuelle pour être sur que toute personne puisse utiliser les données d’OSM sans problème, mais soit aussi contrainte de reverser ses modifications dans la base de données d’OSM si elle y apporte des correctifs, ou des ajouts. Ce qui est intéressant à observer dans les débats en ligne et hors ligne est la manière dont les participants se convainquent de l’importance de protéger leur ouverture, comment ils se montrent les uns aux autres l’importance d’éviter une récupération de leur effort commun sans se refermer et comment pour ce faire ils acceptent de contractualiser leur participation un peu plus pour préserver le sens de leur participation. Ce type de débats montre encore une fois que ce qui se veut commun se négocie perpétuellement.

Cartography as a common good
2010-09-23 14:15:33 - by Nicolas Malevé , Rafaella Houlstan-Hasaerts

(English version)

Mapping in urban design
Part 3/Paper 2

Published in:
Barbara Golicnik Marusic, et al. (edited by), *Human Cities, Celebrating
Public Space*, Brussels: Stichting Kunstboek, Urban Planning Institute of
the Republic of Slovenia and Promateria, 2010 (p. 47-51).
written by Rafaella Houlstan-Hasaerts (La Cambre), Nicolas Malevé (Constant vzw).

WHY?

Cartography and power are closely related: Who controls the map controls the territory, and this is true at several levels. The person who consults it, insofar as he knows how to interpret it, gains the ability to identify his position in space. The person who creates it – who is situated one step above – proposes (or imposes) his vision of the territory, as he perceives it or as he projects it. The person who possesses it, finally, decides how to distribute it and consequently decides to grant or deny others the power he has concerning the territory. In fact, a map is hardly a harmless tool: figurative as well as projective, simulation of space as much as a space for simulation – it is found at the very source of military strategies, mercantile capitalism, territorial divisions, and in the particular case of towns, by and large it has determined what is to be drawn and measured, and consequently, at the end of the day, what is to be built or at least planned. Cartography, formerly reserved strictly to a minority, is now opening up to a broad range of users. With our greater mobility, as neo-nomads in a global world, we use them and find them everywhere in public transport, tour guides, streets, shopping malls and, still more particularly, on our computer screens or our GPS. With Google Earth, Google Maps, Mappy and the other geoportals, the whole world is offered on our computer screens in just a few clicks, free from any constraints with regard to scale and paper.

Pleased as one must be with this “democratization” of access to cartography, there are still some weak points. The first concerns the codes that have been imposed over the centuries in mapmaking that offer a unilateral vision of space. Indeed, today’s complex and shifting territories seem to need representations that go far beyond a simple zenithal perception and conventions that tend to show space exclusively in terms of surface areas. Here is an example that is pertinent today: more than half the world’s population lives in towns and many studies predict that this trend will intensify in decades to come. Consequently, there are serious reasons to think that the 21st century will be more urban than any other. But a “traditional” map essentially emphasizes square metres, showing a majority of huge, relatively unpopulated areas on a worldwide scale (oceans, countryside), and therefore it totally misses the urban phenomenon whose importance is not directly proportional to its size. “Traditional” cartography can also be questioned when it comes to representing contemporary urban living: city limits have become hazy – there are no longer well-defined borders and cities are no longer understood in opposition to nature. They no longer seem to be closed, limited entities – they move, expand, change from day to day, mocking the immobility of a map. In addition, the preeminence of a visual, two-dimensional representation of the city tends to make us forget that it is first and foremost a ’lived-in’ space, and our preception goes beyond that which is visible – a city can also be traveled, heard, felt, imagined. Despites its formidable power of abstraction, the limits of a map as we know it lie in the fact that often it only takes account of geometric, material, incorporated, objectivated or abstract visions of the city, thus ignoring its cultural, sensitive and imaginative dimensions and clouding the scale of the places we live in, the way they interweave and overlap, denying or giving only a normative picture of social reality . Moreover, beyond this questionable hegemony, this characteristic of representation on maps becomes even more problematical when “the people who use them think they are true, although or because they are geometrical” . Indeed, the concept of urban living in general and public space in particular has been (and still is) determined for the most part by official maps, statistics and administrative limits, without taking into account other visions of the city, particularly those of everyone who lives there on a daily basis.

To help improve for this state of affairs, drafting and distributing maps should not be the privilege of some, but the right of everyone. However, tools that enable the community to create and distribute its own maps are still marginal. Of course, many cartographic services present on the Web go beyond simple consultation, and enable users to add to the content of maps and share them with other users. But this broader possibility is still only partial: most of these cartographic softwares are proprietary, their geospatial data are protected, and most of the resulting maps are subject to very strict conditions for use and distribution.

WHO AND WHAT FOR?

For more than three years, a group of people in Brussels has been working on the project Towards a Subjective Collective Cartography . This is an effort to see mapmaking – maps themselves, as well as the process for drafting them and the data associated with them – as a common good, in terms of access to them (universal, rather than restricted), regulation (permissive, rather than restrictive), and ownership (public rather than private). This desire to defend the right of the community to consult, create, publish and exchange maps, as well as to have access to cartographic data, is both poetic and political. Poetic because it responds to the inevitable share of subjectivity in an approach to the territory and considers that multiple cartographic visions are as many possible metaphors of the world we live in. Political because it gives users the power to think individually or collectively about the territory and perhaps to influence its future. In the past, urban action could take place without or even counter to many users of the city, or occasionally with them, in a sort of concession won over from the authorities or generously consented by them, but things should be very different today. In fact, the way people feel about and perceive a city– and a map can be used to represent this – should be the keystone of the democratic decision making process concerning the territory in general and public space in particular.

Given these observations and objectives, the Towards project focuses on creating two different tools that are nevertheless complementary: an Atlas of Brussels on one hand that includes the various maps of the city (imaginary, anecdotal, emotional, etc.) and, on the other, a cartographic software project – Tresor – that will make it possible to create maps, consult them, compare them, adjust the parameters that define them, complete them, publish them or use them as part of personal or collective projects. Over the last three years, various workshops have been organized in collaboration with artists, militants, urban planners, architects, graphic artists, computer programmers etc. to set up these tools.

HOW DOES IT WORK?

Today, this Atlas of Brussels includes some 50 maps made by artists, militants, people working in associative or academic circles, citizens, etc. These maps can be consulted on-line on the Website of the project. In the long run, the idea is to enable the user of the Tresor cartographic software project to go, not from one image to another, but from one dynamic vision to another, by circulating the metadata (descriptions, comments, and names) from one map to another. The outcome should be an atlas of the city of Brussels that is like a labyrinth full of secret passages, a group of maps based on principles stemming from both geometry and imagination.

And how does Tresor work? It doesn’t work, it puts to work. During the workshops, participants asked themselves what cartographic software might include. Is it an interface with buttons, that produces manipulation of symbols? Or is it something broader, encompassing a different way of going about things, negotiating with others, and another way of thinking about what using a computer could be? So when a group of people starts thinking, writing and talking about what this software might be, the software is already at work – the software puts the group to work. Of course, there is still a long way to go to reach something that can be used as a tool, but what is gained by using a readymade tool? Would that be user-friendly or rather… user-deadly? The options in prefab softwares reproduce separations that are meaningless for users, particularly for the users who took part in the cartographic workshops. For example, these tools separate artistic and technical functions, “real” geography and drawing. Cartographic software no doubt allows a change in colours and icons here and there, but the organizational graphic principle is always the same, and this is of little interest, for example, to people who want to represent their neighbourhood in the form of a galaxy with planets and their relations in the form of a trail in the Milky Way. If they want to represent this map in an imaginary form, they have to use graphic software, meaning that they lose any connection with geography. If, on the contrary, they use a GIS, they will have to give up their imagination. Tresor is the tool that refuses this segregation. There are no acceptable reasons for this division that springs from segmentation of the market and division of tasks in the economy – and there is nothing to prevent developing this kind of tool. Nothing? Of course there is. The fact that the people who are actually involved have interiorized this division themselves: I am an artist, so I draw; I am a map maker, so I measure things. The first effect of Tresor, before a single line of code was written, was to break down mental barriers that had been internalized by participants.

In the second stage, the participants wondered about the possibilities for developing a tool that corresponds to the concept of “common good” in terms of accessibility, regulation and ownership. These questions naturally led to the conclusion that the components of Tresor should be distributed in keeping with the principles governing free licences. In fact, in the case of a free licence, the authors of a software or a visual or literary work authorize anyone to use their creations, to modify and distribute them, but with the restriction that they cite their sources and the previous authors, and they redistribute their own derivative works using that same licence, under the same conditions. These free licences are more than just a simple, pragmatic solution used here and there. They are also rather like an internal constitution for joint projects that tries to ensure that public goods stays public. The use of this type of licence is important at two levels for Tresor. First, it simplifies exchanges between various users when producing maps: everyone has the right to re-use, modify, comment everyone else’s creations and to produce other versions of these maps. Secondly, all the people who feel an affinity to this tool can correct it, improve it, test it, document it, translate it, etc.

In the third stage, participants realized that there was already a whole series of isolated free software programs (for example softwares that can connect GIS databases, vector graphics software, etc.) that could offer many possibilities for mapmaking when put together in a network. The result is that Tresor is not a software program as such, but a whole series of paths between existing free software programs, and a link for programs that do not communicate with each other. By means of a series of scripts, user strategies, plug-ins and add-ons, these existing software programs are incorporated into Tresor as the need arises. Each mapmaking project corresponds to a documented experiment, a published code and tested tools that fill the toolbox little by little. In this project, the first lines of code that were written created a connection between Inkscape , an open source program for vector graphics and Mapserver , a web-based map server, or Spip , a software for publishing articles on the web to create a timeline. More ambitious projects followed, such as Genderartnet , a map of female artists who are working in Europe or using Europe as a subject, and Busboitescartesmap (BBCM), a sound map exploring the city of Brussels.

This last project gives an idea of the way the tool and the practices can be used together to explore and represent the territory in a different way. This project proceeds by means of sessions. A series of places are chosen for each session. These places correspond to mail boxes in the city centre. They offer a large diversity of environments: they are near schools, near major roads, in alleys, parks, etc. A group of participants goes to the city centre with a sound recorder and a GPS and visit the places that have been chosen. The clocks on the GPS and the recorder are synchronized. When the participants get back, a software program in the Tresor toolbox extracts the audio segments corresponding to the location of the mail boxes by comparing the time codes on the two appliances. These audio tracks are then plotted on an interactive map so that people can listen to the cacophony of all the sounds recorded or choose only the sounds recorded in a specific place, and listen to one sample after another, or to the overall atmosphere of a location at different times of day. As the participants are encouraged to vary the context of the place they record (they can drum on the mail boxes, or use them like an echo chamber; they can play with the sounds in the vicinity, or describe the environment or simply talk to each other), the sounds produced disclose new characteristics of urban space and invite everyone to continue his/her exploration of the town.

AND TOMORROW?

These first experiments using Tresor, done within Towards or in another context, show that this type of tools that adjusts to the users’ needs rather than formatting them, can be truly useful to produce new and multifaceted representations of the territory. The next step will be to distribute it to a broader audience so that, insofar as possible and necessary, it helps generate real transformation.

But this process will no doubt be complex because each step forward comes with its own obstacles and questions. One of the constraints that continues to weigh on the development of Tresor is of course economic. Because of its hybrid nature, this is a UFO for many sources of finance. In addition, the methodology for developing specifications does not correspond to the usual procedures for software development. By and large, a certain number of people define the specifications that are then frozen and can be implemented by experts. In the case of a project like Tresor, it is hard to imagine freezing specifications of a project whose purpose is to define a subjective approach to mapmaking. Consequently, the organizational development is decentralized and slow. Another problem is of a legal nature and it derives from the fact that the data that make up geographic maps (geolocation coordinates, points and shapes, etc.) are most of the time in Europe subject to the ownership of states or corporations. A way to circumvent this problem is to collect oneself the necessary data, with a GPS for instance. The project OpenStreetMap , that Tresor uses regularly as a source of data and to which it also contributes, offers an infrastructure to share the GPS traces collected. But even there, the legal question still causes problem. Indeed geographical data do not fall under the scope of free licences that protect “original” creations, like a literary work, but not collective “objective” information like coordinates. After a few years of existence, participants in OSM realized that the licence under which they distributed the data included in maps was not valid in court. During a several month process, the OSM foundation that facilitates the operations of the project organized a consultation with participants and voluntary legal specialists who promote the cause. The objective was to redefine a contractual logic to be sure that anyone can use the OSM data with no problem, but that he is also required to add any modifications he has made to the OSM database, if he has made corrections or additions. It was interesting to observe the way participants convinced each other, in on-line and off-line discussions, of the importance of protecting the open source, how they showed each other the importance of preventing distortion of their common effort, while remaining open, and how they accepted to contractualize their participation a bit more in order to safeguard the meaning of their participation. This type of discussion again shows that anything that is considered public is constantly undergoing re-negotiation.