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Trésor : qu’est-ce ?

Trésor est un projet informatique développé au sein du projet TOWARDS dont le but est d’aider à la conception collective et interactive de cartes digitales. Encore en construction, sa nécessité et sa forme ont émergé des questions suivantes, brassées par Towards : comment représenter des données territoriales subjectives ? Que peuvent-elles apporter à la perception d’un territoire ? Comment mettre ces données en relation ? Quelle pertinence et quelle forme donner à un éventuel outil de cartographie collaboratif ?

Trésor n’est pas à proprement parler un logiciel, mais une série de routes entre différents logiciels existants dont il étend les fonctionnalités et qu’il met en réseau.

On distingue trois couches importantes pour Tresor :

1/ La couche data (données) qui utilise un logiciel capable de se connecter à des bases de données GIS et de croiser leurs informations.
(map bender).

2/ La couche d’édition visuelle riche qui utilise un logiciel de dessin vectoriel capable de produire des cartes dans un format adapté à l’impression papier et à l’export web (inkscape) et étend ses
fonctionnalités via des plugins.

3/ la couche d’édition visuelle légère qui exploite les fonctionnalités des navigateurs Internet (firefox, openlayers).

Ainsi, les utilisateur/trices de Trésor pourront, depuis leur logiciel de dessin vectoriel, travailler sur une carte et acquérir aux besoins des données géographiques précises ou appliquer des transformations ou des projections. Ce résultat pourra être imprimé en haute définition ou mis en partage sur le Web, où d’autres personnes pourront ré-éditer ou contribuer à la carte via une interface Web aisément accessible. Les composantes de Tresor sont toutes distribuées sous des licences libres.

Téléchargez la carte complète de Trésor (pdf, 1,1 MB)

Un logiciel cartographique : la question de l’articulation

La création d’un logiciel de cartographie pose également la question de la classification (notamment sur la façon de rentrer des données cartographiques sur un serveur), avec néanmoins une difficulté supplémentaire... Celle de l’interaction et la superposition de cartes possédant des degrés de subjectivité et des systèmes de coordonnées divers, l’intérêt étant évidemment de les faire dialoguer entre elles. En effet, des cartes peuvent représenter le même territoire, mais à des échelles et des moments très différents. De même, deux objets peuvent être distants physiquement et pourtant mentalement proches. Dès lors, comment articuler et télescoper des cartes possédant différentes projections spatiales, temporelles ou mentales ? Une première hypothèse d’articulation consiste à définir les éléments transversaux entre les cartes, c’est-à-dire des points ou des zones de référence communs. Mais ce monde spatial partagé par plusieurs cartes tend à se déchirer là où les correspondances n’existent pas. Comment gérer cette déchirure, intéressante par ailleurs ? Peut-on imaginer de déformer ces cartes pour retrouver d’autres correspondances ? Dans ce cas, quelle est la carte qui sert de base de travail ? Doit-elle nécessairement être référencée spatialement ?

Un logiciel cartographique : la question de l’accès.

Dans le but d’échanger des informations et de connecter des créativités, la première idée était d’installer une infrastructure de serveur de cartes s’adressant principalement au secteur artistique, activiste, associatif et culturel de Bruxelles, mais également (pourquoi pas ?) au public. Or, comme l’a souligné Benjamin Henrion durant l’une des sessions de travail cartographique, la plupart des logiciels qui donnent accès aux données géospatiales ne sont pas libres et la majorité des cartes existantes sont soumises à des conditions très strictes de droit d’auteur, ce qui limite leur utilisation collective. Afin de permettre la circulation de cartes, leur production, leur utilisation, leur transformation et leur échange, il semblait donc clair depuis le début que l’outil cartographique du projet TOWARDS devait être développé et fourni en tant que logiciel libre et que les données qui en résulteraient seraient soumises aux critères de diffusion régis par le principe du copyleft.

Mais si la plupart des participants se sont accordés sur le besoin de maximiser les potentialités collaboratives de l’outil, d’autres en revanche ont émis certaines objections quant au partage des données... Anne-Lise Dehée, qui travaille sur un projet de « cartes thérapeutiques » avec des femmes vivant dans la rue (sans-abris, drogées, prostituées...), a insisté sur la nécessité de trouver un subtil équilibre entre ce que l’on révèle et ce que l’on dissimule... Il s’agit selon elle d’éviter que des données cartographiques non-légales ou privées soient utilisées comme outils de contrôle ou de répression. Dès lors, quelles sont les conditions d’usage public d’un tel logiciel ? De quelle manière les données sont-elles rendues accessibles ? Comment, en tant que contributeur, puis-je avoir un contrôle sur mes données ? Comment les protéger, les divulguer, les dissimuler ? Techniquement, comment réaliser un logiciel qui permette d’accomplir de telles opérations ?

Un logiciel cartographique : la question de l’outil.

Durant les sessions de travail cartographique, les participants ont donc été amenés à réfléchir sur les spécifications nécessaires à la réalisation de ce logiciel ainsi que sur le fonctionnement et l’aspect visuel de son interface. La réflexion s’est distribuée en quatre groupes.

Le premier s’est intéressé aux fonctionnalités de calcul particulières nécessaires à la production de cartes (projection, distorsion) et comment celles-ci pourraient être accessibles de manière transparente via une interface visuelle. Comment une interface peut-elle donner accès aux différentes approches subjectives qui partagent un même ensemble de coordonnées de référence ? Comment visualiser les différentes versions d’une même carte ?

Le second s’est penché sur la question des outils libres existants pour la gestion des données géographiques, sur les formats standards nécessaires pour stabiliser les échanges entre les applications. Une attention particulière a été portée au format SVG qui permet un traitement vectoriel des images et qui correspond aux besoins de précisions des cartographes comme à la flexibilité nécessaire aux créations artistiques.

Le troisième groupe s’est intéressé aux types de représentations souhaitées pour les cartographies subjectives et plus particulièrement aux relations entre les données géographiques sensibles et les données temporelles. Comment croiser des axes qui ne sont pas de même nature et qui jouent avec l’échelle spatiale, d’une part et la ligne du temps, d’autre part ?

Le quatrième groupe a affiné les questions des meta-données, c’est-à-dire les informations contextuelles nécessaires à la lecture de la carte. Comment rendre clair le protocole qui a été utilisé pour la production de la carte ? Comment les légendes interagissent avec l’image ? Comment les cartes deviennent des outils de narration autant que de spatialisation ?

Les réflexions de ces différents groupes ont produit une série impressionnante de schémas, esquisses, recommandations, suggestions, commentaires et listes de souhaits qui guident l’élaboration technique aujourd’hui en cours du logiciel.